#27- Affronter ses peurs et oser

by Mrs W.
Comment affronter ses peurs et oser ? A l’aide d’exemples personnels, je te montre qu’il est possible de dépasser la peur paralysante, se débarrasser de ses croyances limitantes et enfin oser passer à l’action malgré la peur

A l’heure où je t’écris, nous vivons une ambiance plus que surréaliste.  Comme dans un mauvais film de science-fiction, un virus pandémique confine les habitants de nombreux pays du monde dans l’isolement de leur maison.  Des mots imprononçables jusqu’alors dans nos contrées occidentales rythment à présent notre quotidien : « mise en quarantaine », « fermeture des frontières, restaurants et écoles », « rupture de stock de papier de toilette » (même si le lien de cause à effet avec ce dernier m’échappe toujours).

La peur est là, pour nous et nos proches. Elle est partout et tout aussi contagieuse que ce virus. Aujourd’hui, pourtant, je ne veux pas te parler de coronavirus. D’autres le feront mieux que moi et j’ose espérer qu’on pourra bientôt aspirer à de jours meilleurs.

Comme l’annonce le titre, je vais toutefois te parler de peur mais dans un tout autre contexte[1] : la peur de réaliser ses projets, d’oser faire des choses qu’on n’a jamais faites, de passer à l’action, de sortir de sa zone de confort.  Comme toujours, mes récits sont truffés d’anecdotes.  Comment affronter ses peurs et oser ? On commence avec un petit flashback.

Comment affronter ses peurs et oser ? A l’aide d’exemples personnels, je te montre qu’il est possible de dépasser la peur paralysante, se débarrasser de ses croyances limitantes et enfin oser passer à l’action malgré la peur

Sommaire (temps de lecture 7 min)

  1. Des larmes et des cris?
  2. Le pouvoir de persuasion des légendes familiales
  3. Cap ou pas cap?
  4. Peureuse, moi? Une question de croyances…
  5. Et après? On ose…malgré la peur

1. Des larmes et des cris ?

Flashback au début des années nonante (quatre-vingt-dix), lors d’une après-midi ensoleillée dans le jardin d’une petite maison dans un quartier résidentiel.

Un cri perçant fait sursauter puis rapidement paniquer l’ensemble des invités réunis pour un barbecue dans le jardin familial.  Quelques secondes avant ce cri de terreur, l’ambiance était détendue, les oncles, tantes, cousins et cousines discutaient, riaient dans la joie de se retrouver dans un moment convivial.

Certains se précipitent dans ma direction alors que je hurle à la mort.  D’autres atterrés, regardent la scène alors que mes larmes coulent et me cris reprennent de plus belle.  Dans la confusion la plus générale, je pense que ma mère se saisit de mon corps recroquevillé sur la pelouse.

Je ne suis manifestement pas blessée mais quelque chose de terrible vient de se jouer pour que je sois soudainement dans cet état.  C’est probablement ce que la plupart des convives sont en train de se dire vu leur tête qui se décompose. Pourquoi diable cette gamine de sept ans hurle-t-elle comme ça ?

Entrecoupés de sanglots, des mots sortent finalement de ma bouche pour expliquer à ce public inquiet la gravité du moment.  A ma grande surprise d’enfant convaincu de vivre ses dernières heures, les visages se décrispent, voire se métamorphosent.  Je viens de provoquer l’hilarité générale.

Il est vrai que l’histoire n’est pas banale. Je viens de leur expliquer avec le plus grand sérieux qu’en jouant dans l’herbe, j’avais remarqué une forme arrondie ressemblant à une jolie bille de couleur claire avec laquelle je voulais jouer (oui oui, à cette époque pré-instagramienne on jouait encore aux billes).  J’ai cependant constaté en voulant m’en emparer que cette petite boule était arrimée à une petite tige : il ne s’agissait donc pas d’une bille mais d’un champignon.

L’heure était grave, je venais d’être infectée par un champignon vénéneux et ma vie était finie.  J’en étais convaincue.  J’allais mourir.  Le cri de mon cœur était à la hauteur de mon destin funeste auto-proclamé du haut de mes sept ans.

L’imagination débordante des enfants, vous allez me dire.

Mais dans ma tête, tout cela était bien réel.  L’angoisse de la mort, le lien avec ce que j’avais certainement appris à l’école : il existait des champignons venimeux et mon cerveau avait décrété à ce moment-là que le simple fait de toucher un champignon sauvage allait m’emporter sur-le-champ.

Je les vois s’esclaffer – à juste titre – en concluant que j’étais vraiment une bonne élève et avais sûrement trop bien appris ma leçon.

2. Le pouvoir de persuasion des légendes familiales

Il est des moments qui marquent votre enfance et qui sont également des marqueurs de ce que vous serez aux yeux des gens.  Les fameuses légendes familiales qu’on se plait à raconter année après année lors des rencontres autour d’un bon repas sur un ton légèrement moqueur mais pas bien méchant.  J’avoue que celle-ci était délicieuse.  Mon sens du drame était apparemment déjà très aiguisé.

Cet épisode pour moi est vraiment celui qui m’aura définie comme une personne peureuse et par la même occasion, pleureuse.

C’est bien simple: petite, j’avais peur de tout et depuis toujours, même de l’herbe apparemment.  Les insectes (surtout les araignées), les eaux profondes de la piscine ou de la mer, les chiens, les chats, rien n’y échappait.  J’étais aussi réputée pour faire la grimace avant même que le peigne n’atteigne un poil de mon crâne au grand désespoir des personnes qui avaient la tâche ingrate de me tresser ou détendre mes cheveux emmêlés.

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Il était clair que j’étais peureuse.  Et cette peur était catalysée par cette fameuse histoire de champignons vénéneux qui n’a cessé de tourner en boucle lorsque j’étais enfant puis adolescente et adulte, même si c’est devenu plus rare car même les plus belles anecdotes finissent par se faner avec le temps (on se demande bien pourquoi je la ramène alors).

Avec le recul, je trouve aussi cette anecdote drôle mais me rends compte qu’elle a contribué à construire un trait de caractère chez moi qui était validé par tous, y compris par moi-même : LA PEUR.

3. Cap ou pas cap ?

a) Perte de repères

Faisons un autre bond dans le temps au début de ma trentaine, cette fois-ci.

J’ai atteint une belle vitesse de croisière dans le cabinet où j’exerce mon métier d’avocat qui me plait mais m’engloutis à la fois dans une spirale de travail dans une atmosphère aux relents parfois toxiques.

Je ne regrette rien.

J’ai pu y accomplir pas mal de rêves que j’avais en tête en y arrivant, comme pouvoir plaider régulièrement au tribunal, enseigner à l’université, publier des ouvrages juridiques sérieux (traduction : boooooring) en mon propre nom, avoir une petite expérience d’avocat à l’étranger dans des pays anglophones.

Mais une fois que la check-list était remplie se posait la question de mon avenir.  Qu’allais-je devenir ? C’est bien d’être un bon petit soldat et rentrer dans le rang mais après, on fait quoi ? On devient qui ?  La perte de repères était totale.

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Devenir associée ? Monter au plus haut de l’échelle et atteindre ce graal tant recherché en haut de la pyramide du succès ?  C’est le rêve qu’on nous mettait dans la tête et qui semblait logique à l’époque.  En gros ça se résumait à « tu deviens associée ou ta vie est ratée », pas de demi-mesure.

Pendant un temps, je me suis persuadée que c’est ce que je voulais profondément même si cette petite voix au fond de mon cœur me disait que je n’étais pas à la hauteur. C’était un plat trop consistant pour moi.

Bien que des figures de proue du milieu que je fréquentais m’incitaient à faire le grand saut, je ne me sentais pas totalement soutenue dans cette démarche et doutais encore et toujours.  Rien n’était clair, un petit peu comme ce moment de ma fameuse anecdote où je me suis aperçue que la fausse bille était en réalité un champignon.  Mais dans ce cas, était-il vénéneux ou pas ? Je ne me sentais pas à la hauteur de le découvrir.

b) Une peur paralysante

J’étais paralysée par la peur. Un cocktail d’éléments me faisaient retenir mon souffle:

  • trouver soi-même ses clients
  • être en concurrence permanente pour de bon
  • devoir me faire toute seule
  • ne plus avoir la sécurité d’être sous la coupe de quelqu’un qui portait toutes les responsabilités comme la pression des chiffres.

J’étais une fois de plus prise en tenaille par cette peur, la peur de fantômes et de difficultés qui me guettaient et allaient m’empêcher d’y arriver de toute façon.  Alors je vacillais.  Un jour c’était oui et le lendemain c’était non et au fond de moi je ne savais plus trop.

Cette situation vous est-elle familière ? Se retrouver face à une peur tellement puissante qu’elle nous condamne au sur-place?

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Finalement, à force d’hésiter, je restais exactement au même stade sans avancer dans un sens ou l’autre.

Cette stagnation sans savoir quelle sera la prochaine étape est extrêmement frustrante et loin d’être constructive. Je pense même qu’à terme, ce manque d’action guidé par la peur peut potentiellement nous faire reculer.  Petit à petit, on se surprend même à douter de certains de nos atouts qui sont pourtant avérés.

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4. Peureuse, moi ? Une question de croyances…

« Je n’ai pas ce qu’il faut pour ce rôle, je suis trop peureuse ».

Ce sont les mots que j’ai prononcés devant une coach qui essayait de creuser les raisons de mes doutes.

« Mais qu’est-ce qui vous fait croire que vous êtes peureuse ? », m’a-t-elle demandé.  Je lui ai alors raconté mon intarissable anecdote à la sauce champignon et tous les éléments qui attestaient sans aucun doute que j’étais peureuse.

Elle m’a regardé dans les yeux, presque incrédule : « M’enfin, comment pouvez-vous croire que vous êtes peureuse ? Quand je vous vois, je vois tout sauf une femme peureuse.  Je vois une femme qui a osé entrer dans un milieu professionnel dur d’avocats, et y faire sa place.  Vous êtes respectée suffisamment pour qu’on vous considère dans ce rôle que vous craignez.  Vous avez réalisé énormément dans votre domaine, même à l’étranger.  Vous n’êtes pas peureuse.  Bien au contraire !»

C’est la première fois de ma vie que j’ai entendu parler du concept de « croyances limitantes ».

Petite définition à ma sauce : ces croyances qui ont peut-être eu une réalité à un certain moment de notre vie mais qui appartiennent à un passé lointain et qu’on continue néanmoins à transporter comme un fardeau qui finit par nous bloquer lorsqu’on veut atteindre un niveau supérieur. 

Cette coach, bien inspirée m’a invitée à me décharger de cette fausse croyance que j’étais une personne peureuse et la remplacer par une autre : « Je suis une personne qui ose ! ».

Au début, je le disais sans conviction, elle m’a invitée à le répéter plusieurs fois, et même à le crier très fort.

Oser crier des affirmations positives sur soi et se débarrasser des croyances limitantes

Au fond de moi j’étais un peu gênée.  Je trouvais tout cela un peu perché.  A quoi bon servait-il de crier comme ça dans son cabinet ?  Et si on nous entendait ? C’était quand même un peu bizarre ces méthodes.

Mais je dois avouer que cela m’a fait un bien fou.

Oser le dire participait déjà à conjurer ce mauvais sort que je m’étais lancé en croyant à ces légendes urbaines d’un autre temps.

La petite fille qui avait peur de l’herbe et de ses trésors secrets s’était transformée en femme de caractère qui avait le pouvoir de prendre sa vie en mains.  Je devais l’accepter, le formuler, le crier, dans l’intimité de son cabinet : « Je ne suis pas peureuse, je suis une femme qui ose ».

Pour aller plus loin : J’ai récemment lu un article édifiant à propos d’une étude de deux psychologues américains qui expliquent que les personnes compétentes ont tendance à se sous-estimer, pensant que les tâches faciles pour elles le sont aussi pour les autres. Ces personnes réfléchissent beaucoup, cherchent, hésitent, doutent, considèrent différentes solutions et finalement, il peut arriver, qu’elles manquent de confiance en elles.  En bref : « les moins bons se croient bons mais ne se jugent pas meilleurs, quand les bons se jugent moins bons. » Ceci expliquerait-il donc cela ? Je vous laisse vous faire votre propre opinion.

Lien vers l’article  : Pourquoi certains incompétents se sentent doués alors que les plus doués se sous estiment ?

5. Et après ? On ose…malgré la peur

Pour reprendre le fil de mon histoire : je ne suis pas devenue associée par magie et n’ai pas conquis le monde du barreau comme le voudrait un happy end à l’américaine.

Ma réflexion entamée sur moi-même m’a permis de me rendre compte que ce rôle était quelque chose qui flatterait certainement mon ego et celui de mes parents ou de ma famille ou de l’image à laquelle je croyais devoir correspondre.  Mais cela ne correspondait nullement à ce que je souhaitais réellement pour ma vie future.

Cette décision n’avait plus rien à voir avec la peur mais plutôt avec le sens que je voulais donner à ma vie.  Dans mon cas, une vie entière passée à faire des heures facturables jour et nuit sous une pression maximale ne correspondait pas à ce que je souhaitais offrir à mon moi futur.

Stress et fatigue et travail. Oser faire des choix en accord avec soi

J’avais assez donné et souhaitais prendre plus de temps pour moi et ce qui me fait du bien dans un meilleur équilibre professionnel et personnel.  Aussi, mariée à une personne susceptible de voyager, je savais qu’il serait plus stratégique que je trouve un travail offrant plus d’opportunités de mobilité internationale si un jour lointain nous décidions carrément de changer de pays.

Je me remercie presque chaque semaine de m’être écoutée car grâce à ma décision de changer de milieu professionnel et de métier, j’ai pu gagner un temps précieux qui n’a pas de prix et par la même occasion :

  • découvrir ma passion pour l’écriture
  • reprendre des activités sportives
  • la lecture (j’avais cessé de lire pendant presque huit ans car épuisée après mes journées sans limites)
  • prendre du temps avec mes proches.
  • J’ai aussi franchi avec succès le cap de l’expatriation encore plus tôt que ce que je pensais.  Qu’est-ce qui me retenait encore si ce n’est la peur ?

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Je me souviens de certains avocats dénigrant les juristes d’entreprise comme étant des avocats ratés.

Aujourd’hui, je demeure fièrement une femme multiple et veux oser me définir autrement que par un seul titre. Je suis une femme, épouse, amie, sœur, fille, juriste d’entreprise dans un groupe international, blogueuse, motivatrice à mes heures perdues, auteure en devenir et considère ma vie comme un chemin fait de belles réussites, d’essais et d’erreurs qui m’ont appris des leçons dans la joie, le doute et la douleur parfois.

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Rien n’est parfait mais je n’ai pas le sentiment d’avoir raté quelque chose avec mon choix, car c’est le mien et non pas celui de quelqu’un d’autre.

J’ai franchi certains obstacles dans cette nouvelle vie et je sais d’ailleurs que j’en franchirai encore d’autres car je ne suis pas une personne peureuse mais une personne qui ose. Je dirais même plus une personne qui ose…malgré la peur.

Comment affronter ses peurs et oser ? A l’aide d’exemples personnels, je te montre qu’il est possible de dépasser la peur paralysante, se débarrasser de ses croyances limitantes et enfin oser passer à l’action malgré la peur

Car on ne va pas se mentir, la peur ne disparait pas tout de suite mais après l’avoir identifiée, on peut avancer malgré tout et se rendre compte par la suite qu’on a fait un bond en avant.

Nous avons le pouvoir de changer la direction de notre vie, on le sait déjà, mais pour le faire, nous avons aussi le pouvoir de changer le narratif, les légendes que nous portons sur notre vie et notre personne.

Si nous ne convainquons pas nous même de ce dont nous sommes capables, comment pourrions-nous convaincre d’autres ?

Je crois en avoir fait la démonstration.  Il suffit parfois d’un cri, un cri pour soi-même, un cri salvateur. Osons.

Et toi, te considères-tu comme une personne peureuse ou une personne qui ose ? A toi de jouer…

La conversation continue en commentaires, sur Instagram ou par mail.  Quel que soit le moyen, tu sais où me trouver (aussi sur Pinterest d’ailleurs). N’hésite pas à partager cet article si tu l’as aimé.

On est ensemble !

Mrs W.

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[1] Note de l’auteure : en aucun cas, je ne souhaite minimiser les conséquences de la pandémie mondiale déclarée par l’OMS ou surfer sur cette vague qui a fait énormément de victimes.  Je voulais parler de la peur des défis professionnels et personnels mais il me paraissait insensé de parler de la peur sans toucher un mot de la crise actuelle.

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